jeudi 6 janvier 2011

RIMBAUD, le poète qui n'a jamais su sa célébrité.

RIMBAUD, LE POETE QUI N'A JAMAIS SU SA CELEBRITE. 




La poésie dit-on aurait perdu de son aura. Est-ce certain ? Il est difficile de le croire tant de très nombreux clubs de poésie oeuvrent, partout en France, en faveur de la muse Calliope. Quant aux dilettantes de la rime ils sont légions ! Qui d’entre nous n’a pas, en effet, une seule fois dans sa jeunesse, tenté l’acrostiche et l’alexandrin? Ne serait-ce qu’à l’occasion d’une fête des mères. Preuve s’il en est que la poésie est en nous. Alors, pourquoi ne pas redécouvrir quelques grands poètes ? Cela pourrait être Baudelaire, Villon, Verlaine ou bien d’autres. Mais, prenons le plus (enfin, peut-être) le plus turbulent d'entre eux : Arthur Rimbaud. Rimbaud qui dès son adolescence a montré une intelligence et une sensibilité si intenses que son professeur de l’époque, un certain Desdouets, principal du collège de Charleville, a écrit sur le cahier de notes du futur poète : « Rien de banal ne germe dans cette tête, ce sera le génie du Mal ou le génie du Bien ». C’était en l871. Arthur Rimbaud avait 17 ans ! Et très tôt, Rimbaud a rêvé de conquérir le monde des lettres. Il aspirait aussi à la reconnaissance et voulait devenir le chef de file des « poètes-voyants » c'est-à-dire appartenir à ceux qui ont - comme l’a écrit Gérard de Nerval - le « pouvoir de franchir ce seuil qui sépare la vie réelle d’une autre vie » ; un pouvoir que tous les plus grands poètes ont revendiqué mais que Rimbaud a affirmé clairement lorsqu’il a souhaité rejoindre le camp des parnassiens. Oui, parce que cet enfant de Charleville Mézières a tenté l’aventure parisienne. Il est venu la première fois en l870. Mais au lieu de se retrouver dans le cercle des écrivains et des poètes, il a été jeté en prison. Il n’avait pas payé son ticket de train ! Fort de cette mauvaise expérience, lorsqu’il a de nouveau décidé de conquérir la capitale, il y est revenu… à pieds. Rimbaud a flirté avec la Commune, est devenu l’amant de Verlaine et a habité chez lui, au grand dam de son épouse. Il a occupé successivement les appartements de Théodore de Banville, de Charles Cros et d’André Gill, des lieux parisiens que l’on peut visiter. Mais Rimbaud s'est révolté contre ses amis et a raillé  leur art. C’est l’époque où il publie « L’orgie parisienne » et « Les pauvres à l’église ». Un peu plus tard et après l’épisode de ses amours tumultueuses avec Verlaine qui a tiré , sur lui, deux coups de révolver ) il a écrit « Une saison en enfer ». Pour Rimbaud c’est fini. Il a renoncé à la célébrité. Est venu le temps de l’errance et de la longue halte à Harar, en Abyssinie, où il devient commerçant. Rimbaud a oublié Paris et a mis Verlaine dans l’armoire de l’oubli. Mais ce qu’ignore Rimbaud c’est que Paul Verlaine, justement, a pris l’initiative de faire publier beaucoup de ses poèmes réunis sous le titre « Les illuminations ». Et dans toute la France Rimbaud est devenu célèbre. Mais il ne le saura pas. Enfin, il l’apprendra mais ce sera quelques semaines avant sa mort. Il avait 37 ans et c’était le 10 novembre 1891.
Pour terminer cette courte chronique écoutons la musique des mots d’Arthur Rimbaud, les vers d'un de ses plus célèbres poëmes :  
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


(Le dormeur du Val ).


Eric YUNG.



dimanche 2 janvier 2011

PAUL FEVAL : HOMMAGE A UN FOU.

02 01 2011 : PAUL FEVAL – LE BOSSU -

PAUL FEVAL : HOMMAGE A UN FOU.





Il est injuste, enfin me semble-t-il, que l’identité d’un romancier du 19° siècle qui a signé une succession de très grands succès populaires soit ainsi presque oublié : combien de personnes en effet peuvent dire, instinctivement, que « Les mystères de Londres », « Le fils du diable », « L’homme de fer », « Le roi des Gueux » ou encore « Le mendiant noir » sont des romans d’aventures historiques écrits par… Paul Féval ? Peu ! Sans doute très peu. Pourtant –et fort heureusement- Paul Féval n’a pas tout a fait disparu de la mémoire collective. En effet, il suffit de citer cette réplique : « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi » pour qu’aussitôt nous nous disions : mais bien sûr, je connais Paul Féval, c’est l’auteur de « Le Bossu ». Cette notoriété installée dans nos souvenirs est sans doute l’heureux résultat des nombreuses adaptations cinématographiques dont a bénéficié « Le Bossu ». Et, pour mémoire, citons seulement celle, française, qui a lié le nom de l’acteur Jean Marais aux films de cape et d’épées. Mais, prenez du plaisir : lisez ou relisez « Le bossu » dans sa version romanesque. Elle n’a rien à voir (mais vraiment rien !) avec celles du cinéma qui, infidèles au texte original, ont affadi et l’histoire et les principaux personnages. Vous devez savoir, lorsque « Le bossu » est paru –et c’était en 1857- que Paul Féval avait tout juste quarante ans. Et que si « Les Mystères de Londres » son premier livre lui a apporté la notoriété nationale, « Le bossu » s’est vendu en centaines de milliers d’exemplaires dans le monde entier. Traduit dans plusieurs langues « Le bossu » a été un phénomène d’édition exceptionnel. Si exceptionnel à l’époque que son auteur, qui n’était encore considéré comme « le bon feuilletoniste » a été, d’un coup, reconnu comme l’un des grands écrivains du 19° siècle. D’ailleurs, et c’est à ce titre, que Paul Féval a été reçu à la cour de l’impératrice Eugénie à l’égal d’un Prosper Mérimée et d’un Offenbach.

Est-ce le succès ? On ne le sait pas vraiment ! Toujours est-il que Paul Féval est ensuite devenu fou. Il est mort à Paris en 1887.

Eric Yung.











mardi 28 décembre 2010

MERIMEE LE PARISIEN.

CHRONIQUE : Un lieu, un écrivain - PROSPER MERIMEE

MERIMEE LE PARISIEN


S’il est un seul écrivain parisien qu’il faudrait citer pour signifier que ses contemporains ont été inspiré par la grande ville ce serait alors Prosper Mérimée tant il est issu de plusieurs générations nées et ayant toujours habitées dans la capitale. Mais parler de Prosper Mérimée sans évoquer la trop fameuse dictée qui a été longtemps le cauchemar des enfants serait un oubli impardonnable tant, sur le fond sans doute, elle a symbolisée la richesse, la complexité et la beauté de la langue française. Une volonté de l’enseignement républicain des années 50 et 60. Et il est certain que trois ou quatre générations ont été victimes de Mérimée, un maléfique écrivain qui s’est plu à torturer bon nombre de jeunes méninges encore fermées à la grammaire et à l’orthographe. Une dictée, précisons-le tout de même, qui s'est voulue être plus un divertissement qu’une véritable épreuve. Elle fut une sorte de rituel de la fin du primaire imposé aux gamins avant qu’ils ne quittassent la petite école pour entrer au lycée. Une dictée courte (elle fait une bonne dizaine de lignes) mais si compliquée que l’Empereur Napoléon III y fit 75 fautes et qu’Alexandre Dumas, qui était déjà à l’Académie française, en fit 24. Une dictée qui –rappelez-vous- dès sa première phrase nous faisait distinguer « les cuisseaux de veaux et les cuissots de chevreuils ». Bref, c’est à Prosper Mérimée, la terreur des gamins, qu’est donc consacrée cette courte chronique. Prosper Mérimée est un parisien pure souche issu de plusieurs générations de parisiens. Il est donc né à Paris en 1803 dans une maison située au cœur de la capitale ; exactement au n° 7 Carré de Sainte Geneviève. Il habite ensuite rue Royer Collard, puis rue Lhomond et fait ses études au lycée Henri IV et devient, en s’installant avec ses parents au 16 rue des Petits Augustins, le voisin de palier d’un jeune homme : un certain Hugo, Victor Hugo ! C’est l’époque où il apprend l’anglais, l’espagnol, le grec, la philosophie. Il passera, un peu plus tard, une licence de droit. Dès lors, Prosper Mérimée fréquente les salons littéraires dont le plus célèbre se situe au 1 rue Chabanais, à l’angle de la rue des petits champs. C’est ici, en ce lieu qui existe encore, qu’il fait la connaissance de Stendhal et de Sainte Beuve et qu’il conçoit, avec eux, le « romantisme réaliste ». Une « école littéraire » (sic) qui le conduira à écrire « Carmen ». Oui, « Carmen » ! Ce texte de Mérimée devenu éternel puisque –et chacun le sait - Bizet s'en est inspiré pour son opéra.

Et puis, en toute confidence, Prosper Mérimée aimait les femmes si passionnément, qu’il a passé des jours et des nuits entières et y a même parfois élu domicile dans quelques bouges parisiens en compagnie du peintre Delacroix et le poète Alfred de Musset.



Si vous êtes amateurs de promenades littéraires dans Paris, sachez que vous pouvez visiter toutes les demeures de Prosper Mérimée. Pour connaître toutes ses adresses je vous invite à vous rendre sur le site officiel du ministère de la culture :
www.merimee.culture.fr/fr/html/bio/domiciles/fs_domiciles.html


Eric Yung.



PROSPER MERIMEE


vendredi 3 décembre 2010

LE MAUVAIS PROCES DE MAQUET FAIT A DUMAS. (Les trois mousquetaires)

BEST SELLERS D’AUTREFOIS.
Chronique.



Sans conteste lorsque l’on dit Dumas père on pense aussitôt aux « Trois mousquetaires ». Bien sûr les adaptations cinématographiques et télévisuelles redonnent régulièrement du tonus à cette histoire de cape et d’épées dominée par l’intrigue politique. Mais rien, et faites moi l’honneur de me croire, ne vaut la lecture voir la relecture de ce roman, qui est –on le sait peu- la première partie d’une trilogie qui compte deux autres titres : « Vingt ans après » et « Le vicomte de Bragelonne ». Mais le saviez-vous ? Sans vouloir vous décevoir ou ôter un peu du réel talent d’Alexandre Dumas, celui-ci n’a sans doute pas écrit, entièrement en tous cas, les « Trois Mousquetaires ». Il est très probable, en effet, que ce soit un certain Auguste Maquet qui en est le réel auteur. Auguste Maquet était, très officiellement, le collaborateur de Dumas père. Ce dernier d’ailleurs, voulait l’associer à son œuvre mais Auguste Maquet –pour récupérer ses droits d’auteur- lui a fait un procès. Or, les juges ont considéré la plainte de Maquet comme celle déposée par un simple créancier. Dumas, sur ordre du tribunal a donc du rembourser 145 200 francs , une dette échelonnée sur onze ans mais, du même coup et par conséquence, Auguste Maquet n’a jamais pu avoir, sur les premières de couverture, son nom associé à celui de Dumas.
Mais pourquoi il faudrait lire ou relire « Les trois mousquetaires » ? Parce que c’est vivre la fougue amoureuse de d’Artagnan pour Constance, c’est partager la fraternité des hommes d’épée, c’est devenir l’ennemi de Richelieu, c’est se surprendre à combattre aux côtés d’Athos, Porthos et Aramis est de constater que l’on est aussi l’une des plus fines lames du royaume de France lorsque l’on doit, sur les chemins poussiéreux du 17° siècle, croiser le fer avec les hommes du cardinal. C’est, pareil à Athos, être subjugué par la séduisante et dangereuse Milady. C’est encore traverser la Manche, chevaucher jusqu’à Londres et rencontrer le Duc de Buckingham. Que d’aventures à vivre à travers les pages du roman !
Le roman « Les trois mousquetaires » a été initialement publié sous forme de feuilleton, de mars à juillet l844. Et c’était dans « Le Siècle » un journal fondé par Armand Dutacq et financé par l’avocat et député Odilon Barrot.
A l'heure où l'on dit beaucoup que les jeunes gens s'intéressent pas ou plus aux livres -mais est-ce vrai ? - les "Trois mousquetaires" peut être une première et belle expérience de lecture. C'est bientôt Noël. Alors pourquoi ne pas courrir chez votre libraire et demandez lui les « Trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas… c’est aujourd’hui publié dans le « Livre de poche ».

Eric YUNG


mercredi 27 octobre 2010

FESTIVAL PARIS NOIR. LE FESTIVAL EUROPEEN DU ROMAN ET DU FILM NOIR

Chers amis, visitez le site du festival. Vous y découvrirez un sacré programme.

PARIS NOIR, j'y serai avec (entre autres livres) mon dernier roman.

NE PAS VENIR AU FESTIVAL EST UN CRIME.

C'est à LA MAISON DES METALOS LES 13 & 14 NOVEMBRE 2010.

jeudi 14 octobre 2010

MON AMI LE BOURREAU ~~ Eric YUNG. Editions Biro

LE DERNIER ROMAN d'ERIC YUNG.
Aux éditions Biro dans la collection "Les sentiers du crime".

mardi 12 octobre 2010

SALON DU POLAR DE COGNAC ~~ 15, 16 et 17 OCTOBRE 2010.


15, 16 et 17 OCTOBRE PROCHAINS : Eric YUNG au Salon du polar de Cognac.
Présidence d'honneur : Robert HOSSEIN.
Projections, débats, rencontres, signatures et des dizaines d'auteurs (romans, BD, scénaristes etc...)

samedi 25 septembre 2010

J'Y SUIS.


VOUS ETES DANS LE COIN ? FAITES UNE PETITE VISITE. UN CHARMANT VILLAGE : LEMPZOURS, DES AUTEURS INVITES, DES RENCONTRES, DES DEBATS et DES SIGNATURES.
ET PUIS...
DES CEPES, DU FOIE GRAS, des BONS VINS, de l'AMITIE, des SOURIRES et des RIRES.

LEMPZOURS.... LES 1er et 2 OCTOBRE 2010

FESTIVAL DU POLAR A COGNAC

POLAR LE FESTIVAL DE COGNAC... LE PROGRAMME 2010


Le 15e Festival de Cognac se tiendra au Palais des Congrès «La Salamandre» du Vendredi 15 au Dimanche 17 octobre 2010 pour la partie «Compétition Cinéma & Télévision» et du Samedi 16 au Dimanche 17 octobre 2010 pour La Grande Librairie avec des séances de signatures et de dédicaces.
Au programme :
Un Hommage à «Frédéric DARD» à l’occasion des dix années de sa disparition, avec l'affiche en forme de clin d'œil, une conférence de Paul MERCIER, des projections de films tirés de ses romans, la présence de Robert HOSSEIN (L'Invité d'Honneur du Festival et l'Ami de 50 ans de Frédéric Dard), de Marc DEMOULIN et d'Alain SIAUVE (dessinateurs de couvertures de San-Antonio) ;


La Présence de Romanciers pour Rencontres et Dédicaces :

Michel BAGLIN, Xavier-Marie BONNOT, Bernard BOUDEAU, François BOULAY, Alain BRON, Jérôme BUCY, Tony COSSU, Gilles DEL PAPPAS, André FORTIN, Sébastien GENDRON, Karine GIEBEL, Éric GUILLON, François JOLY, Gérard LAPAGESSE, Éric et Richard LE BOLOC'H, Éric MANEVAL, Peter MAY, Paul MERCIER, Jean-Paul NOZIERE, Joseph OUAKNINE, Frédéric PLOQUIN, Jacques PRADEL, Christian RAUTH, Jacqueline REMY, Serge REYNAUD, Christian ROUX, SIRE CEDRIC, Romain SLOCOMBE, Gérard STREIFF, Élisa VIX, Éric YUNG… (Samedi 16 & Dimanche 17 octobre 2010 / Grande Librairie de La Salamandre)

mardi 31 août 2010

C'EST GRATUIT. Un magazine culturel intéressant. Pour s'abonner c'est facile :Votre abonnement gratuit pour la rentrée littéraire !


www.bscnews.fr

Abonnez-vous dès maintenant et gratuitement pour recevoir le BSC NEWS MAGAZINE Spécial Rentrée littéraire le 13 septembre directement chez vous ! Pour vous abonner, allez sur http://www.bscnews.fr/ et entrez votre e-mail dans le cadre en haut à droite de la page d'accueil !

lundi 2 août 2010

A AURILLAC et à BOISSET (Cantal)

Le 10 août 2010 :

A "LA PETITE LIBRAIRIE" à Aurillac.
Signatures Eric Yung pour les Nouvelles archives de l'Etrange.

Et le soir, dîner-rencontre à "L'AUBERGE DE CONCASTY" à Boisset, avec Eric Yung.


ST CHELY d'APCHER (Lozère) SIGNATURES. YUNG et autres auteurs.

LIBRAIRIE "LE ROUGE ET LE NOIR".
Une grande fête durant deux jours : les 5 et 6 août prochains. Signatures, débats, dégustations produits du terroir, rigolades, dîners publics etc...
Le libraire s'appelle Pascal AUREJAC. Il aime les livres, il sait conseiller ses clients, il est aimable. Bref, c'est un vrai libraire.


Livres échange : jeudi 5 et vendredi 6 août, de 10 h à 18 h, le Café littéraire se tiendra au restaurant d'application du lycée du Sacré-coeur, avec les écrivains Lionel Duroy Le chagrin, Christian Montaignac L'envol des culs blancs sous la lune, Jean-Marc Souvira Le vent t'emportera, Jacques Weber Des petits coins de paradis et Éric Yung "Les nouvelles archives de l'étrange", "La tentation de l'Ombre", "Un silence coupable".

jeudi 29 juillet 2010

LES TRIBULATIONS PARISIENNES DE Mr POQUELIN.

Molière -




• On dit qu’il est le plus grand et que son talent n’a jamais été égalé. Il nous a laissé une œuvre considérable qui, presque trois siècles et demi après sa disparition, est toujours jouée, applaudie et étudiée. Sa mort est une légende et il a donné son nom à la Comédie Française.




Il est intéressant de noter que le nom de Molière est souvent associé à Pézenas, jolie commune du département de l’Hérault. Pourtant, si l'on en croit les historiens il y a séjourné très peu, deux ou trois fois peut-être.  En revanche, Molière a passé la majeure partie de son existence à Paris et dans « sa campagne » (enfin, la campagne...au l7° siècle !) 
 Jean-Baptiste Poquelin dit Molière –il prendra ce pseudonyme en 1643 ou 44 pour tenter d’échapper à ses créanciers- est né à Paris, en 1622, au 96 rue Sauval, situé juste à l’angle de la rue Saint Honoré. Il est venu au monde dans « la maison des singes », une demeure appelé ainsi parce que sa façade était décorée d’un arbre habité par des primates. Un peu plus tard, après le décès de sa mère, Molière emménage avec une partie de sa famille dans le quartier de Saint Germain. C’est à cette époque qu’il découvre le théâtre. Son grand-père, en effet, l’entraîne presque chaque soir à l’Hôtel de Bourgogne, tout proche de la rue Mauconseil, pour voir jouer la troupe royale. A cette époque,  si Jean-Baptiste Poquelin ignore encore qu’il sera Molière il sait déjà qu’il sera comédien. Mais son père refuse son choix et envoie son filschez les jésuites pour y faire des études. Cinq ans plus tard il est de retour à Paris. Il s’installe au 13 rue de Seine et au 12 rue Mazarine pour créer sa première troupe du nom de « l’Illustre théâtre ». Après quelques démêlées avec la justice (Molière a connu la prison) il emménage, avec toute sa troupe, dans la salle du jeu de paume de la Croix Noire, à la hauteur du 32 quai des Célestin et loge rue des Jardins St Paul. Après une tournée provinciale Molière et ses comédiens, devenus populaires, jouent, chaque soir, dans la Cour Carrée du Louvre, au théâtre du Petit-Bourbon. Enfin, c’est Louis XIV qui lui octroie la salle du Palais Royal, c'est-à-dire ce qui deviendra la Comédie Française. Mais Molière est lassé de Paris. Il décide de s’installer à la campagne. Oui, à la campagne ! C'est-à-dire qu’il loue une maison située à l’angle de la rue Rémusat et de l’avenue Théophile Gautier. Deux rues bien "campagnardes" aujourd’hui annexées au 16° arrondissement ! Une demeure fréquentée par Racine, Boileau, La Fontaine, La Bruyère, Lulli etc ... et où sera créé Amphytrion. Puis, Molière quitte la campagne et reviens à Paris pour occuper une partie du second étage du 4O, rue de Richelieu. Ce serait dans cet appartement que Molière, après une représentation du « Malade imaginaire » est pris de convulsions et meurt. Mais avant de rendre son dernier souffle –c’était donc le 17 février 1763- et à la demande du prêtre qui lui donne l'extrême-onction, Molière refuse d’abjurer la profession de comédien, une activité considérée alors d’immorale par l’église catholique. Conséquence :  Molière est excommunié. Aujourd’hui, sa dépouille repose au cimetière du Père Lachaise.

Mr POQUELIN Y A POSE SON CUL.
C’était Molière, Paris et la campagne.

Eric YUNG

lundi 28 juin 2010

L'ACTION, LE DEVOIR ET LE PLAISIR : Roger VAILLAND.

ROGER VAILLAND/ CHRONIQUE YUNG –

La vie de cet homme peu commun a été fort agitée. Lauréat  du prix Interallié et du Goncourt Roger Vailland est, sans aucun doute, un grand écrivain un peu oublié.

     Il y a peu d’écrivains contemporains qui bénéficient d’autant de considérations : des associations d’admirateurs veillent à sa mémoire, des colloques internationaux et des conférences savantes maintiennent, dans le temps, son œuvre littéraire, des villes et des régions françaises le fêtent chaque année. Les honneurs et les hommages autour de Roger Vailland sont légions. Malgré cela combien de personnes peuvent répondre à la question : qui a écrit « Bon pied, bon œil », « Drôle de jeu », « Beau masque », « La loi », « La truite » etc. ? Peu sans doute. Or, parmi les titres énoncés il y a en deux qui ont été, tout de même, récompensés par les prix prestigieux que sont l’Interallié et le Goncourt. Le premier, Roger Vailland l’a obtenu en 1945 pour « Drôle de jeu » et le second lui a été donné pour « La loi ». C’était en l957. Soulignons que son œuvre entière est importante, par le nombre des publications bien sûr, mais aussi par l’impact intellectuel qu’elle a eu dans les classes populaires du milieu du 20° siècle. Alors, comment expliquer que les romans de Roger Vailland ont été remisés dans l’armoire de l’oubli ? Ne serait-ce pas parce que celui qui fut un communiste éphémère, un adepte des paradis artificiels et un libertin, ne serait plus adapté aux normes du conformisme moral, sanitaire et social de la société d’aujourd’hui ? C’est possible. A moins, se demande Christian Petr, président de l’association des amis de Roger Vaillant, qu’il ne « souffre des préjugés concernant la littérature militante » ? Mais alors, écrit encore Christian Petr, ce serait faire fi « des hasards de la vie et de l’histoire qui brouillent heureusement toutes les références (…) ».

Roger Vailland est d’abord un romancier, un vrai, un « être libre, c'est-à-dire souverain ne reconnaissant à personne le droit de me tyranniser » a-t-il écrit.

Il est un écrivain dont l’œuvre toute entière est toujours tiraillée entre l’action, le devoir et le plaisir. Ainsi, « Drôle de jeu », roman puisé aux sources de la contradiction humaine et taillé dans le vif de la vie quotidienne d’un résistant contre le nazisme. « La loi », roman qui a donc obtenu le Goncourt en 1957 et qui a été adapté au cinéma par Jules Dassin avec, pour acteurs, Yves Montant, Marcello Mastroianni et Gina Lollobrigida, raconte certes, une histoire différente, mais révèle, là encore, des existences confrontées à d’indicibles et inévitables rapports de force. Si vous n’avez jamais lu Roger Vailland, n’hésitez pas : découvrez-le avec ces deux ouvrages. Préférez-vous vous encanailler avec quelques récits vécus du sybarite Roger Vailland ? Alors, lisez ses « Ecrits intimes », vous ne serez pas déçu. Enfin, sachez que Roger Vailland est né en 1907 et qu’il a disparu à l’âge de 57 ans. Il repose à Meillonnas, non loin de Bourg-en-Bresse, dans le département de l’Ain.
Eric Yung.





samedi 12 juin 2010

ALLAN KARDEC -


ALLAN KARDEC

Un lieu, un écrivain et un best-seller d’autrefois.
Chronique Yung.


Intéressons-nous à un auteur français, à un homme dont la réputation sulfureuse a franchi nos frontières pour devenir une légende internationale et dont l’œuvre est toujours vendue à des millions d’exemplaires. Il est vrai que son sujet d’études alimente la fantasmagorie liée au besoin humain d’éternité et qu’il donne matière à une réflexion inépuisable. Cet homme, s’appelle : Hippolyte-Léon-Denizard Rivail. Ce nom vous est étranger, pensez-vous ? Ne le croyez pas ! Vous connaissez bien Hippolyte Léon Denisard Rivail.  La dévotion de ses fans ou plutôt de ses « adeptes » (à moins que ce ne soient des disciples) est si grande, que sa tombe serait  la plus visitée et la plus fleurie du cimetière du Père Lachaise ; par ailleurs on remarque que son front est lustré par un siècle et demi de caresses féminines. Enfin, le dit-on.  En réalité, Hippolyte Léon Denisard Rivail est connu sous le pseudonyme de Allan Karkec, le père du spiritisme français. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages consacrés, pêle-mêle, au « Cours pratique et théorique d’arithmétique », au « Plan proposé pour l’amélioration de l’éducation publique » (un livre soutenu par Ampère et qui a reçu le prix de l’académie royale en 1828) , au « Catéchisme grammatical de la langue française » sans omettre, bien évidemment, ses autres ouvrages : « Le livre des Esprits », « Le livre des Médiums » et « L’Evangile selon le spiritisme » ; trois volumes qui ont fait sa célébrité mondiale. Alan Kardec est, aujourd’hui encore, l’un des auteurs français le plus lu au Brésil, par exemple, avec 30 millions de livres vendus. Si ses théories sur le spiritisme peuvent être sujettes à bien des débats et qu’elles peuvent être, ou pas, considérées comme du charlatanisme, il faut bien reconnaître que les théories de Kardec ont séduit bien des intellectuels : Théophile Gauthier, Conan Doyle, Victor Hugo, Camille Flammarion, Victorien Sardou et bien d’autres encore. En réalité, la pensée d’Alan Kardec semble avoir été, par la crédulité populaire et par l’ignorance (au sens philosophique du mot) détournée de son esprit. Kardec, lorsqu’il s’interroge sur les « grands principes de la vie humaine » et qu’il s’inspire des réflexions de St Augustin, de St Jean l’Evangéliste ou de Fénelon, il est, sans aucun doute, beaucoup plus proche du « Connais-toi toi-même » de Socrate que des prophéties de Nostradamus.

Enfin, si cela vous intéresse et que vous ayez envie de mieux connaître Allan Kardec, considéré par beaucoup comme l’un des premiers auteurs sociologiques français, il vous faut visiter son domicile : le 8, rue des Martyrs à Paris. Un autre lieu ? Celui où, dit-on, il aurait eu sa première révélation. C’était dans un petit appartement, situé au fond de la cour, au deuxième étage de l’immeuble du l8 rue de la Grange Batelière. C’est dans le 9° arrondissement. Quant à ses livres vous pouvez encore les trouvez en dans les collections de poche. Découvrir Allan Kardec s’est toujours, et en tous cas pour beaucoup d’entre nous, un voyage initiatique où il faut prendre garde de ne pas s’y perdre.

Eric Yung.

mercredi 9 juin 2010

Sur les pas d'un "mégalo" : François-René de CHATEAUBRIAND.

Un lieu, un écrivain. Chronique
CHATEAUBRIAND

Il a vécu la seconde moitié du l8° siècle et la première du 19°. Né à St Malo le 4 septembre 1768, il est mort à Paris le 4 juillet 1848. C’était un homme politique mais son nom est surtout connu pour son œuvre littéraire et tout particulièrement pour « Les mémoires d’outre tombe ».





Je vous invite à marcher dans les pas du vicomte François-René de Chateaubriand.
Partons ensemble dans ces rues de Paris qu’il a arpenté de long en large, entrons dans les immeubles où cet écrivain, à l’ego surdimensionné, a volontairement laissé des traces qui font, aujourd’hui, le bonheur des randonneurs littéraires. Les plaques de marbre qui portent son nom sont légions dans les rues de la Capitale. Grâce à elles on peut suivre Chateaubriand à la trace : il a fréquenté Madame de Staël au 64, rue de Lille, il a habité au 5, rue de Beaune, au 13 rue des Saints-Pères, au 25 rue de l’Université, il a acheté un pied à terre au 63 rue des Saints Pères, il a batifolé avec Hortense Allart dans une chambre située à quelques pas de chez lui, exactement au n° 32 de la même rue et a séduit la comtesse de Castellane au 67, rue de Grenelle. On trouve aussi un témoignage de son passage au 3 bis rue des Beaux Arts, un souvenir de son amitié avec Lacordaire. Et puis, ne l’oublions pas, lorsqu’il a été en disgrâce il s’est « réfugié » -et c’était en 1807- dans la maison dites de « La vallée aux loups » à Chatenay-Malabry. Il est resté neuf ans. Cette demeure, aujourd’hui propriété du département des Hauts-de-Seine est ouverte au public. Enfin, Chateaubriand a terminé sa vie au 120, rue du Bac. On dit que c’est là qu’il aurait achevé les « Mémoires d’outre- tombe » commencées en 1803 sous le titre des « Mémoires de ma vie ». Une œuvre pensée et construite pour sa renommée posthume. En effet, si l’existence de Chateaubriand a été nourrie de dépaysements, de révolutions, de guerres, de rencontres avec des personnages historiques, d’amours romantiques et de quelques visions prophétiques, il a su, avec beaucoup de style, construire sa propre légende. Il a rendu fameuse sa rencontre avec Washington et en a usé pour ses propres intérêts politiques et il la rapporte, en détails, dans les « Mémoires d’outre-tombe ». Or, l’on sait aujourd’hui qu’elle n’a jamais eu lieu. Ce n’est pas faire injure à Chateaubriand que de dire qu’il a été une sorte de farfadet de la littérature. D’ailleurs, son espièglerie a fait écrire à Stendal « Juste ciel, que tout cela est faux, mais que c’est bien écrit ». Talleyrand lui, pour dénoncer la tendance mégalomaniaque du vicomte s’est exclamé devant la Cour : « Monsieur de Chateaubriand croit qu'il devient sourd car il n'entend plus parler de lui ». C’est dire, n’est-ce pas ?
Le vicomte François-René de Chateaubriand s’est éteint à Paris mais il repose, et vous le savez, à Saint Malo. Sa tombe, comme il l’avait demandé de son vivant, fait face à la mer.

Eric Yung.

dimanche 6 juin 2010

LIRE OU RELIRE "Les Croix de bois" de R. Dorgelés.

R. DORGELES – SUCCES D’AUTREFOIS.


C’était le 17 mars dernier. Au nom de la mémoire de tous les « poilus » et à l’occasion du décès de Lazare Ponticelli, le dernier d’entre eux, mort à 110 ans, un hommage national leur a été rendu le l7 mars dernier. Mais déjà, en 1919, pour que personne n’oublie, Roland Dorgelès avait immortalisé le sacrifice de ces hommes qui ont connu l’enfer. « Les Croix de bois » est et reste l’un des plus grands livres du 20 siècle.

Ce roman, publié dès 1919 et qui connu un grand succès, est inspiré au plus près de la réalité, c'est-à-dire de la boue, du sang et de la mort, de la peur, de la fraternité aussi. Ce livre est un monument de la littérature universelle. Il faut dire que Roland Dorgelès a partagé le drame des poilus. Il est devenu l’un des millions de héros dont la plupart ont donné leur vie parce qu’ils ont cru que ce serait la « der des der ». La guerre 14-18 ? Ce conflit a fait 10 millions de morts et 6 millions de blessés soit, pour le seul camp français, une moyenne de 900 personnes tuées chaque jour. Il faut avoir vécu ce martyr au quotidien, heure par heure et minutes par minute et ce, durant des années, pour pouvoir l’appréhender. Roland Dorgelès, dans « Les croix de bois » a su témoigné de la mystérieuse contradiction humaine selon laquelle les soldats ont été sanguinaires et fraternels, barbares et miséricordieux, nihilistes et plein d’espoir. Relisez, ou vous, jeunes gens lisez les Croix de bois. Pour vous en convaincre il suffit, peut-être, d’en citer de courts extraits :

(…) Il se releva et nous dit, la voix sèche :

- On creuse la-dessous.

Tous se retournèrent, (…)

-Tu es sûr ?

Il fit oui de la tête. (…) Maroux, Bréval, Sulphart se couchèrent dans la galerie, l'oreille à terre. Nous autres les regardions, muets, le cœur dans l'étau. Nous avions tout compris : une mine. Anxieusement, nous écoutions, rageant contre les obus qui ébranlaient la butte de leur coup de bélier. Bréval se releva le premier

- On ne peut pas se tromper, fit-il à mi-voix, ils creusent.

- Il n'y en a qu'un qui travaille, on entend bien, précisa Maroux. Ils ne sont pas loin.

Nous étions tous serrés, immobiles, regardant le sol dur. (…)

Chacun se couchait à son tour pour entendre, et se relevait rembruni. Dans la tranchée, la nouvelle avait déjà couru, et, entre deux obus, les guetteurs écoutaient la pioche effarante qui creusait, creusait...

[...] Au matin, ce fut un présage, une détresse intérieure qui nous réveilla. Ce n'était plus le bruit : un silence tragique, au contraire. L'escouade était muette, atterrée, penchée sur Bréval qui écoutait couché de tout son long. Redressés sur notre litière, nous les regardions.

- Qu'est-ce qu'il y a ? chuchota Demachy.

- Ils ne cognent plus !... Ils doivent bourrer la mine.

Mon cœur s'arrêta net, comme si quelqu'un l'avait pris dans sa main. Je ressentis comme un frisson. C'était vrai, on n'entendait plus creuser. C'était fini.

Bréval se releva, un sourire machinal aux lèvres :

- Il n'y a pas à se tromper. Ils ne cognent plus.

Nous regardions la terre, muets, comme elle. Fouillard, blême, fit le geste de sortir. Sans un mot, Hamel le retint par le bras. Maroux s'était assis, les mains croisées entre les genoux, et tambourinait la planche de sa litière, avec ses gros talons.

- Tais-toi ! lui dit durement Vieublé. Écoute...

Nous tendîmes tous le cou, anxieux, ayant peur de nous tromper. Non ! la pioche avait bien repris. Elle cognait. Oh ! ce qu'on put l'aimer, un instant, cette horrible pioche ! Elle creusait. C'était la grâce. On ne bourrait pas encore la mine, on ne mourrait pas encore... »



« Les croix de bois » de Roland Dorgelès en « livre de poche » et chez Albin Michel.

Eric Yung.

jeudi 27 mai 2010

LE CHATEAU DE MONTE CRISTO - La propriété d'Alexandre Dumas. Marly.

 ALEXANDRE DUMAS

UN LIEU ET UN ECRIVAIN

     Sur l’une des collines qui domine les côteaux de Port Marly se dresse le château de Monte Cristo. Un rêve d’écrivain devenu une réalité, en 1844, par la magie des traits du crayon d’Hippolyte Durand, l’un des grands architectes de l’époque. Le château de Monte Cristo est une demeure exceptionnelle et un peu folle construite dans un lieu magnifique à la demande d’Alexandre Dumas et inaugurée en 1847. Il s’agit –selon les termes mêmes des membres de l’association des amis de Dumas, d’un « château renaissance édifié face à un castel gothique entouré d’eau ».  Pour en parfaire sa description le château de Monte Cristo est aussi une fantaisie quelque peu égocentrique. En effet, si des tableaux, placés au-dessus de chaque fenêtre du rez-de-chaussée, honorent des écrivains dramatiques de toutes les époques, Alexandre Dumas a exigé, que son portrait soit accroché au-dessus de l’entrée principale, juste au dessus de sa propre devise : « J’aime qui m’aime ! » 
     Il y a aussi le parc aménagé à l’anglaise, agrémenté de grottes, de rocailles et de cascades. Et c’est ici qu’une petite partie de l’oeuvre d’Alexandre Dumas a été imaginé et rédigé. Pour être plus précis, il  faut dire qu’Alexandre Dumas se réfugiait –pour écrire- dans une petite maison indépendante de la propriété principale, dans un bâtiment original construit lui aussi à sa demande. Il est flanqué d’une tour hexagonale au toit d’ardoises bleues et aux murs de briques rouges percées par des fenêtres de pierres blanches. C’est une bâtisse posée sur une île, à gauche du jardin et que le grand homme a nommé, en son honneur, « Château d’If ». Pour apprécier toute la grandeur paisible du lieu il faudra vous promener dans le parc aux essences de sapins, de charmes, de chênes et de mélèzes et parmi les rocailles mouillées par les chutes d’eau. Et, pour rejoindre encore un peu plus l’intimité de Dumas, il vous faudra imaginer la vie de l’époque. Au château de Monte Cristo, à deux pas de Paris, l’animation y était grande et permanente. Pourquoi ? Parce que Alexandre Dumas aimait les animaux et le parc était habité de dizaines de chiens, de chats, d’oiseaux d’espèces rares, de perroquets et même d’un singe. Et puis, Dumas, dont la générosité reste légendaire, laissait libre l’entrée de sa propriété aux gens de petites conditions sociales ; des personnes qui vivaient, bien souvent, à ses dépends. Le Château de Monte Cristo, la propriété d’Alexandre Dumas se visite. En vous y rendant, vous participerez à sa sauvegarde et à son entretien puisqu’il y a peu d’années, cette demeure a failli disparaître sous les pelleteuses mécaniques d’un promoteur immobilier en quête de fortune. « Le château de Monte Cristo » c’est à Port Marly, dans les Yvelines.
Eric Yung.

dimanche 23 mai 2010

VIDOCQ ET LA LITTERATURE. ~~

François Vidocq et la littérature.
Eugène-François Vidocq ! Qui ne connait pas ce nom ? Qui ne l’associe pas à un voleur et un aventurier ; au bagnard devenu, sous le règne de Napoléon, le chef de la sûreté parisienne, un policier roublard aux méthodes contestables mais si efficaces qu’elles en ont fait « le flic le plus célèbre de France » durant près de seize ans, c'est-à-dire de l811¬ à 1827. N’omettons pas de souligner que ce flic hors normes a repris du service durant six mois, en 1832, à la demande de Casimir Périer, juste le temps de sauver le trône de Louis-Philippe. Alors, faut-il prétendre que Vidocq a aussi était un écrivain ? A certains d’oser le faire, à d’autres de limiter la qualité d’auteur à la signature de ses mémoires (Mémoires de Vidocq publiées en 1828…) bien qu’il aurait aussi rédigé (c’était en 1836) « Les voleurs » suivi d’un dictionnaire d’argot, « Les vrais mystères de Paris » en 1844, œuvre écrite en réaction aux « Mystères de Paris » d’Eugène Sue et suivie par « Les chauffeurs du Nord ». Enfin, « Quelques mots », ouvrage critique sur le bagne et la prison ponctuera, en 1845, la bibliographie communément attribuée à Vidocq.

Une chose est certaine : plus qu’un auteur, Eugène François Vidocq, né à Arras en 1775 par « une nuit d’orage à deux heures du matin » nous rapporte ses biographes, a été –et reste encore quelquefois- une source d’inspiration chez les écrivains. Il est à la fois un peu Jean Valjean et le père Madeleine dans « Les Misérables » de Victor Hugo, il est Vautrin dans « La comédie humaine » de Balzac, Rodolphe de Sombreuil dans, bien sûr, « Les mystères de Paris » d’Eugène Sue, Auguste Dupin dans « Le double assassinat de la rue Morgue » d’Edgar Poe et quelques historiens disent même qu’il aurait, aussi, inspiré Conan Doyle pour l’art des déguisements de son héros Sherlock Holmes et serait le « Jackal » des « Mohicans de Paris » d’Alexandre Dumas. Bref, on le remarque : François Vidocq est, de toute façon, un personnage de la littérature française. C’est à ce titre qu’il s’inscrit dans une possible promenade littéraire dans Paris et ses environs. Ainsi, rendez-vous à la Galerie Vivienne pour repérer, à l’ancien n° 13, ses anciens bureaux, au 6 de la rue Saint Anne, ex- siège de la police de Sûreté, au 46 rue de Lagny à Saint Mandé (il y avait sa maison de campagne) , au 12 Place Dauphine une bâtisse aujourd’hui occupée par l’ordre des avocats et siège social du bâtonnier de Paris, au 8, rue Saint Denis, l’adresse qui maintenant abrite le tabac du Châtelet etc. etc…

Quant à sa dernière demeure ? Vidocq n’aurait pas été tout à fait Vidocq s’il n’avait pas, même après sa mort (c’était le 11 mai 1857) fait de sa tombe un mystère. En effet, si très longtemps, il a été acquis qu’il était enterré, avec sa dernière épouse dans le cimetière de St Mandé, les historiens démentent depuis peu mais formellement cette information. On sait seulement qu’une cérémonie religieuse a eu lieu en l’église Saint Denys du Saint Sacrement dans le 3° arrondissement de Paris. Mais ou est sa sépulture ? Personne ne peut le dire. Mystère ! Un mystère d’autant plus grand que si l’on peut affirmer que la tombe de Vidocq a bien existé elle aurait –mais quand ?- purement et simplement disparue.

Eric YUNG.

mardi 11 mai 2010

« SUCCES D’AUTREFOIS »

HENRY DE MONFREID

Certains écrivains ont marqué leur temps par l’œuvre qu’ils ont, dans le silence et la solitude, patiemment construite durant des années. D’autres, souvent aventurier et parfois hors la loi, ont connu le succès parce qu’ils ont su faire de leur vie une création littéraire. C’est le cas pour Henry de Monfreid. Né en 1879, cet homme d’énergie dont la soif de découvertes l’a conduit aux quatre coins du monde, serait –c’est certain et s’il vivait aujourd’hui- boudé par les intellectuels français. Henry de Monfreid n’appartenait pas à la tribu des pisse- froid de la société bien pensante. Pensez- donc, c’était un flibustier ! Et même si Joseph Kessel, Paul Vaillant Couturier, le théologien Teilhard de Chardin ou encore le peintre Gauguin l’on soutenu dans les épreuves et permis à quelques uns de ses romans de connaître un grand succès populaire, il n’a jamais obtenu ce qui lui était due : la reconnaissance d’être un "vrai"écrivain. Remarquons tout de même qu' Henry de Monfreid s’est toujours tenu loin des salons littéraires et que son inspiration n’a jamais été puisée aux sources de l’ego et des mondanités parisiennes. Tous ses livres (et il en a signé un peu plus de 70) sont inspirés de ses aventures à bord de « L’Altaïr » le bateau qu’il a construit de ses mains. Lui, a vécu en mer de différents trafics : perles, armes, haschich et renseignements militaires. Il a connu la prison. Il a, aussi, servi de guide à Joseph Kessel sur la route des esclaves à l’occasion d’un reportage pour le journal « LE MATIN ». Et puis, la guerre italo-éthiopienne l’a fâché avec le Négus, il s’est tellement moqué des britanniques qu’ils l’ont capturé pour le livrer à la France et la France… l’a déporté au Kenya.

Henry de Monfried est un personnage extraordinaire et son talent d’auteur de livres d’aventures est immense. Deux qualités essentielles pour un homme de lettres qui devrait, en principe, nous inciter à le lire. Pour certains d’entre nous se sera une redécouverte mais pour d’autres (heureux lecteurs !) se sera une révélation. Prenez le temps du plaisir de lire, par exemple, « LES SECRETS DE LA MER ROUGE » ou « MON AVENTURE DANS L’ÎLES DES FORBANS » ou encore « LE FEU DE SAINT ELME ». Ce seront, c’est certain, des lectures qui vous feront quitter le port de la médiocrité et avec elles, vous partirez voguer loin, réussirez à distancer les pirates qui vous attaque, connaîtrez des histoires d’amour fortes mais éphémères, négocierez avec des commerçants d’Afrique de l’Est et rencontrez des êtres qui ont su préserver le sens aigu de la vie.
Osons lire ou relire Henry de Monfreid. Il est toujours édité chez Grasset-Fasquelle.
Eric Yung.